Un et un font deux
Chapitre 1 - Au clair de lune
Dans les livres que j'ai lus, on disait que l'amour était faux.
On disait que l'amour était artificiel.
Que les histoires de princesses au cheval blanc monté d'un magnifique prince étaient fausses.
Je crois en ces pages froissées maintenant...
Il m'attira contre lui. Je me débattais mais sa force autour de mon bras droit me faisait souffrir. Il ne tenu pas compte de mes gémissements de douleur, et continua à m'attirer contre lui. Il savait que je ne voulais pas. Il savait que je ne lui appartenais pas. Mais ce n'était que détail pour lui.
Il serra encore plus fort, et, sans le vouloir, un cri atroce s'échappa d'entre mes lèvres. Je ne reconnus pas ma propre voix; elle avait monté dans les aigus et s'était étouffée dans un souffle au dernier moment.
Il m'avait entendu, il porta sa main gauche à bouche pour m'empêcher de faire du bruit et me murmura quelques mots à l'oreille:
-Si tu fais ce que je te demande, rien n'arrivera. Dans le cas contraire, tu n'y survivras pas...
À cet instant, je sentis quelque chose de froid dans le creux de mon cou, tout près de ma nuque.
-Chut ma belle... je suis là.
À ces mots, je sus immédiatement à ce à quoi j'avais affaire. C'était quelque chose de dangereux. À la simple pensée de l'arme blanche effleurant ma peau, ma gorge fit un noeud et mon estomac se retourna à la seconde.
C'était décidé, je ferais ce qu'il voulait. Tout ce qu'il voulait...
Alors, je hochai la tête pour qu'il comprenne que je lui obéirais.
Je sentis son souffle dans mes cheveux; cela m'indiquait que sa bouche était entrouverte. Qu'il souriait sans doute...
Je sentis ses mains se décrisper, et, en un violent coup, il me retourna. J'en restai bouche bée. De plus, je ne m'étais pas trompée: ses dents scintillaient sous la pâle lueur de la lune au-dessus de nos têtes, il souriait! Comment arborer un tel rictus en un moment aussi tragique?
-Parfait..., souffla-t-il tout à quelques centimètres de mes lèvres sèchent.
Je cessai de respirer lorsqu'il m'embrassa. Ce n'était ni amoureux, ni tendre, c'était violent. D'une violence inouïe à laquelle je n'avais encore jamais goûtée.
Je sentis sa langue effleurer la mienne et je me raidis de plus belle. Il s'en rendit compte, je sentis son changement d'humeur rien qu'à la façon qu'il avait de me retenir entre ses griffes.
Tout à coup, j'entendis un bruit sourd. Comme un déchirement et perçus comme un courant d'air au bas de mon corps. Je parvins à baisser les yeux, et le vis qui découpait mes vêtements à l'aide de l'objet qui m'avait fait si peur un peu plus tôt. J'étais terrifiée à l'idée de la suite.
Je bégayai entre deux sanglots:
-Je vous en prie! Tout, mais pas ça! Je vous en supplie! Ne me faites pas de mal...
-Je ne te ferai aucun mal ma chouette, me coupa-t-il. Je vais te faire plaisir! Promis!
À ce stade, la suite était trop facile alors je cessai d'essayer de réfléchir derechef. Je m'arrêtai immédiatement dans mes pensées pour ne pas me rappeler ensuite. Je ne voulais pas en souffrir toute ma vie; je savais ce qui m'attendait alors je fis tout pour me défaire de ce souvenir.
Surtout le moment que je redoutais le plus, celui dans lequel il me plaqua contre le mur, ce moment dans lequel j'étais déjà souillée. J'avais hurlé en le percevant sur mon corps et ensuite, le noir m'avait envahie...
Plusieurs heures passèrent...
Ma tête tournait, me faisait mal. Le soleil qui s'était levé sans que je m'en rende compte m'aveugla lorsque j'entrouvris les paupières. Tout mon corps n'était que l'ombre de lui-même. Je souffrais même à des endroits auxquels je n'aurais jamais songé...
C'était horrible.
À ce moment, je me sentis terriblement seule et éclatai en sanglots. Un torrent de larmes incontrôlable avec lequel je décidai de ne pas me battre.
Je me relevai non sans difficultés en m'appuyant sur mes coudes, me redressai et entrepris de me diriger à tâtons malgré mes yeux embrouillés qui ne voulaient plus cesser de pleurer.
Non sans peine, je retrouvai mon t-shirt et l'enfilai; j'avais si froid. Je mis la main sur mes pantalons. Ils étaient en haillons et ne m'étaient plus d'aucune utilité mais je les pris entre mes doigts et les enfilai tout de même.
Je distinguai ensuite une forme plus foncée mais toujours aussi floue au bout de la ruelle, appuyée sur le cul-de-sac; un mur de pierre élimé que personne n'avait jamais rénové.
Je me précipitai dessus immédiatement et découvris avec un immense soulagement que c'était mon sac à main. J'y engouffrai profondémment les mains, remuant frénétiquement son contenu, mais n'y trouvai pas ce que je cherchais, ce qui me fis encore plus pleurer.
C'est alors que je l'aperçu, non loin de là, en morceaux. Des milliers de morceaux minuscules...
Mon portable.
Je pris chaque parcelle de plastique entre mes doigts et m'effondrai au sol, désemparée.
J'avais vécu la pire nuit de ma vie et maintenant, j'en payais le prix...
Et alors? Pour un premier chapitre?
Intense?
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