Et à quoi bon exécuter des projets, puisque le projet est en lui-même une jouissance suffisante? [Charles Baudelaire]

Et à quoi bon exécuter des projets, puisque le projet est en lui-même une jouissance suffisante?  [Charles Baudelaire]
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# Online seit Dienstag, 21. April, 2009 um 19:43

Geändert am Mittwoch, 23. Dezember, 2009 um 19:11

o1.

o1.


Un et un font deux


Chapitre 1 - Au clair de lune


Dans les livres que j'ai lus, on disait que l'amour était faux.
On disait que l'amour était artificiel.
Que les histoires de princesses au cheval blanc monté d'un magnifique prince étaient fausses.
Je crois en ces pages froissées maintenant...




Il m'attira contre lui. Je me débattais mais sa force autour de mon bras droit me faisait souffrir. Il ne tenu pas compte de mes gémissements de douleur, et continua à m'attirer contre lui. Il savait que je ne voulais pas. Il savait que je ne lui appartenais pas. Mais ce n'était que détail pour lui.

Il serra encore plus fort, et, sans le vouloir, un cri atroce s'échappa d'entre mes lèvres. Je ne reconnus pas ma propre voix; elle avait monté dans les aigus et s'était étouffée dans un souffle au dernier moment.
Il m'avait entendu, il porta sa main gauche à bouche pour m'empêcher de faire du bruit et me murmura quelques mots à l'oreille:

-Si tu fais ce que je te demande, rien n'arrivera. Dans le cas contraire, tu n'y survivras pas...

À cet instant, je sentis quelque chose de froid dans le creux de mon cou, tout près de ma nuque.

-Chut ma belle... je suis là.

À ces mots, je sus immédiatement à ce à quoi j'avais affaire. C'était quelque chose de dangereux. À la simple pensée de l'arme blanche effleurant ma peau, ma gorge fit un noeud et mon estomac se retourna à la seconde.
C'était décidé, je ferais ce qu'il voulait. Tout ce qu'il voulait...

Alors, je hochai la tête pour qu'il comprenne que je lui obéirais.
Je sentis son souffle dans mes cheveux; cela m'indiquait que sa bouche était entrouverte. Qu'il souriait sans doute...
Je sentis ses mains se décrisper, et, en un violent coup, il me retourna. J'en restai bouche bée. De plus, je ne m'étais pas trompée: ses dents scintillaient sous la pâle lueur de la lune au-dessus de nos têtes, il souriait! Comment arborer un tel rictus en un moment aussi tragique?

-Parfait..., souffla-t-il tout à quelques centimètres de mes lèvres sèchent.

Je cessai de respirer lorsqu'il m'embrassa. Ce n'était ni amoureux, ni tendre, c'était violent. D'une violence inouïe à laquelle je n'avais encore jamais goûtée.
Je sentis sa langue effleurer la mienne et je me raidis de plus belle. Il s'en rendit compte, je sentis son changement d'humeur rien qu'à la façon qu'il avait de me retenir entre ses griffes.
Tout à coup, j'entendis un bruit sourd. Comme un déchirement et perçus comme un courant d'air au bas de mon corps. Je parvins à baisser les yeux, et le vis qui découpait mes vêtements à l'aide de l'objet qui m'avait fait si peur un peu plus tôt. J'étais terrifiée à l'idée de la suite.

Je bégayai entre deux sanglots:
-Je vous en prie! Tout, mais pas ça! Je vous en supplie! Ne me faites pas de mal...
-Je ne te ferai aucun mal ma chouette, me coupa-t-il. Je vais te faire plaisir! Promis!

À ce stade, la suite était trop facile alors je cessai d'essayer de réfléchir derechef. Je m'arrêtai immédiatement dans mes pensées pour ne pas me rappeler ensuite. Je ne voulais pas en souffrir toute ma vie; je savais ce qui m'attendait alors je fis tout pour me défaire de ce souvenir.
Surtout le moment que je redoutais le plus, celui dans lequel il me plaqua contre le mur, ce moment dans lequel j'étais déjà souillée. J'avais hurlé en le percevant sur mon corps et ensuite, le noir m'avait envahie...


Plusieurs heures passèrent...

Ma tête tournait, me faisait mal. Le soleil qui s'était levé sans que je m'en rende compte m'aveugla lorsque j'entrouvris les paupières. Tout mon corps n'était que l'ombre de lui-même. Je souffrais même à des endroits auxquels je n'aurais jamais songé...
C'était horrible.
À ce moment, je me sentis terriblement seule et éclatai en sanglots. Un torrent de larmes incontrôlable avec lequel je décidai de ne pas me battre.

Je me relevai non sans difficultés en m'appuyant sur mes coudes, me redressai et entrepris de me diriger à tâtons malgré mes yeux embrouillés qui ne voulaient plus cesser de pleurer.
Non sans peine, je retrouvai mon t-shirt et l'enfilai; j'avais si froid. Je mis la main sur mes pantalons. Ils étaient en haillons et ne m'étaient plus d'aucune utilité mais je les pris entre mes doigts et les enfilai tout de même.
Je distinguai ensuite une forme plus foncée mais toujours aussi floue au bout de la ruelle, appuyée sur le cul-de-sac; un mur de pierre élimé que personne n'avait jamais rénové.
Je me précipitai dessus immédiatement et découvris avec un immense soulagement que c'était mon sac à main. J'y engouffrai profondémment les mains, remuant frénétiquement son contenu, mais n'y trouvai pas ce que je cherchais, ce qui me fis encore plus pleurer.
C'est alors que je l'aperçu, non loin de là, en morceaux. Des milliers de morceaux minuscules...
Mon portable.
Je pris chaque parcelle de plastique entre mes doigts et m'effondrai au sol, désemparée.

J'avais vécu la pire nuit de ma vie et maintenant, j'en payais le prix...


Et alors? Pour un premier chapitre?
Intense?
Donnez votre avis.

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# Online seit Dienstag, 21. April, 2009 um 19:58

Geändert am Samstag, 15. August, 2009 um 21:29

o2.

o2.
Chapitre 2 - Quand ça nous échappe...

D'interminables minutes s'écoulèrent et je me ressaisie. Je le devais. Pour mon bien. Pour me sortir de là.
Je me redressai en tenant toujours mon sac à main, vacillant d'un pied à l'autre, tenant difficilement mon équilibre. Je tendis le bras gauche, et m'appuyai au mur de briques tout près. Arrivée au bout de la ruelle, je ne sais toujours pas comment j'y suis arrivée, mais je me mis à courir. Je prenais un pas plus assuré à chaque mètre parcouru et j'en vains même à sourire quelques secondes malgré les larmes salées qui ne cessaient toujours pas leur course sur mes joues.
J'arrivai à la maison en quelques minutes seulement et je posai ma main sur la poignée de la porte aussitôt après avoir gravi les trois marches du perron.
Sur le tapis d'entrée, mes jambes s'affaissèrent d'elles-mêmes sans que je puisse rien n'y faire. Ma tête atteint le sol avec force mais je ne m'en rendis même pas compte cependant, je sentis des mais m'empoigner et de petits cris paniqués lorsque je sombrai dans l'inconscience...

***


Lorsque je repris connaissance, j'aperçu quelque chose de flou sur la chaise devant moi. Cette chose me fit peur un moment du fait qu'elle bougeait à intervalle régulier.
J'entendis un souffle léger et je devinai que la chose était en fait une personne qui respirait. Évidemment.
Je perçu un son frénétique et vis le visage de la personne en question tout proche du mien en à peine quelques secondes. Je sursautai et échappai un cri.
Après cette nuit, la proximité humaine ne m'était pas favorable...

-Ma chérie! Qu'as-tu? Tu ne me reconnais pas?

C'était une voix paniquée. Je retirai mes mains que j'avais mises devant mon visage pour me protéger en un réflexe incontrôlable, et fus interloquée lorsque je reconnus ma mère.

Je gémis et balbutiai:
-Dure nuit. Tout simplement.

Et je laissai couler, sans le vouloir, des larmes. Pour échapper à ses questions et à la conversation, je me redressai et filai dans ma chambre et tirai le verrou.
Je me fichais bien de la raison pour laquelle elle se trouvait dans ma maison sans permission. De la raison pour laquelle elle avait osé déverrouiller la porte d'entrée d'elle-même. De la raison de sa présence.
De la raison. De toutes les raisons.

Je restai plantée debout, au milieu de la pièce, examinant chaque recoin d'un oeil critique.
La décoration n'allait plus du tout; trop joyeux!
La fenêtre n'allait plus du tout; trop lumineux!
La garde-robe n'allait plus du tout; trop voyant!
Le miroir n'allait plus du tout; trop brillant!
Le néant qui m'envahissait devait être partout. La couleur, ce n'était qu'un ajout. Je ne voulais plus la voir.
Ma vie était devenue une sinécure tournée en noir et blanc dans laquelle les cow-boys se tuaient et les pirates se noyaient. L'histoire de mon film n'était que massacre. Le sourire des acteurs n'était plus.

Tout à coup, une envie de tout détruire s'introduit en moi et je déployai un bras et empoignai une lampe que je fracassai contre la fenêtre qui vola elle aussi en éclats par la force du choc.
Je m'approchai des bouts de verre et, sans trop réfléchir, me mis à genoux dessus et en pris une pleine poignée entre mes doigts pâles et tremblants. Je serrai la main sans cesser jusqu'à sentir chaque petit morceau s'introduire dans ma chair. La lacérer profondément. Le sentiment de souffrir ne me faisait plus peur qu'une mouche. Je n'étais plus la même.
Je voulais me prouver que la douleur que je ressentais en ce moment n'égalait pas à celle dont j'avais été victime la nuit dernière.
Le sang cramoisi qui coulait sur ma peau n'était pas une vision d'horreur à comparer tout ce que j'avais vécu...

Des coups frénétiques à la porte:
-Esmaëlle, entendis-je crier. Tout va bien? J'ai entendu un fracas!

Elle frappait de plus belle alors...
-Je ne veux pas t'entendre! Va-t-en! Laisse-moi tranquille! Je ne t'ai pas demandé de veiller sur moi! Sors de ma maison!

Le sol sous mon corps était de plus en plus rouge mais je ne m'en souciai pas.

-Je t'en prie! Je veux savoir ce qui se passe...
-Je t'ai dit de faire du vent, la coupai-je en hurlant. Je ne veux rien savoir de toi! Pas aujourd'hui! Pas maintenant! Plus jamais!
-Mais, bégaya-t-elle.
-Y'a pas de mais! Va-t-en. Loin!

À ces mots, je ne me reconnus pas. Mais quelle importance? Ce que je venais de vivre, tout le monde allait le vivre avec moi et ce serait atroce. Et il était exclu que je ne lui en touche ne serait-ce qu'un seul mot...

J'étais déjà morte. On ne me redonnerait pas la vie en priant...


Quand la peur nous envahit.
J'espère ne pas vous faire trop peur...
Donnez votre avis.

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# Online seit Mittwoch, 22. April, 2009 um 19:33

Geändert am Donnerstag, 23. April, 2009 um 20:21

o3.

o3.
Chapitre 3 - Blouse blanche...

En priant?
Et si j'essayais?... Ah non! jamais! Je déteste tout ce qui a un rapport, de près ou de loin, à la religion... Ceux qui y croient sont ceux qui ne savent croire en rien sauf à l'irréel. Aucun d'eux n'a les pieds sur terre! Faut descendre du ''paradis'' et comprendre que la vie n'est pas un cadeau. Ce n'est pas un miracle de vivre, c'est une damnation!
Les anges et les étoiles filantes, sont de pures inventions. Des inventions montées par des fous. Par des gens qui croyaient détenir la raison. La vérité. Faut pas délirer! Y'a qu'à me regarder pour cesser de croire en ces sottises...

Toujours à genoux sur les bouts de verre, je souffre en silence. J'observai ma main ensanglantée et esquissai un sourire tordu sans pour autant être heureuse.
Une bouffée de vent entra par la vitre brisée devant moi et mes cheveux se mirent à virvolter autour de mon visage comme de douces vagues dorées.
Je mis mes deux mains par terre pour me relever et grimaçai: mais qu'avais-je donc fait? C'est fou ce que la folie peut faire quand on a mal. On ne sent rien et on ne se rend pas compte de notre stupidité.
C'était sans doute pour oublier une autre douleur en moi que j'ai fait ça. Une douleur plus persistante. Une douleur au niveau du sein gauche. Une blessure qui a laissé un grand trou en moi. Une blessure de coeur. Mais cette plaie, elle, ne guérira pas comme celles causées par le verre. Celle-là ne cicatrisera jamais.
Jamais.
Ce mot résonna dans mes tempes et lorsque je fus en mesure de me tenir de nouveau sur mes jambes, ma tête tourna et je me laissai choir sur mon lit en ne tenant pas compte du fait que j'allais souiller mes magnifiques draps blancs...

Je m'allongeai et posai mes deux mains sous ma tête devenue étrangement lourde et poussai un gémissement lorsque ma main blessée fut appuyée sur la deuxième: les fragments de verre s'engouffraient encore plus profondémment dans mes chairs.
Je la soulevai et l'observai de tous les côtés; c'était un désastre...
J'en retirai un morceau de mon auriculaire scrutai le verre de mes yeux bouffis par les pleurs. Le verre, habituellement translucide, avait pris une teinte rosée semblable à une fenêtre teintée d'une voiture.
Je le laissai tomber sur le plancher en entendant le bruit sourd de celui-ci lorsqu'il atteignit le sol.

Au même moment, un bruit de porte claquée me parvint à l'oreille: pure bonheur, ma mère avait enfin fichée le camp et m'avait laissée tranquille!
Je pris donc mon courage à deux mains et me rendis à la salle de bain.
Lorsque je m'aperçu dans le miroir, je fus sous le choc... Mes jambes étaient complètement lacérées et parsemées de bouts de vitre. Le sang était partout...
Je portai ma main valide à ma bouche pour étouffer un cri et me rendis au salon pour attraper le téléphone:

-Euh...bonjour, balbutiai-je, tremblante. Je...désirerais, euh... un taxi. Oui. Maintenant s'il vous plaît... Merci.

Et je raccrochai immédiatement.
Quelques minutes passèrent, et je vis enfin le taxi se garer devant chez moi; je me précipitai dehors le plus rapidement que je le pouvais malgré mes jambes qui me faisaient souffrir le martyr.
Lorsque j'arrivai plus près du véhicule, j'entrevis le conducteur écarquiller les yeux. Ils étaient passés de bridés et semblables à une ligne en une reproduction parfaite de la circonférence de deux assiettes énormes!

-Hôpital St-Romuald je vous prie.

Je l'entendis marmonner un truc du genre: ''Et vite en plus!'' mais n'y fis pas attention. Je le sentis cependant très tendu et remarquai ses coups de volant qui se faisaient de plus en plus secs et brusques à chaque nouveau virage de la route.
Lorsque nous fûmes devant le bâtiment, il me lança, anxieux:

-Je peux vous accompagner Madame. Ça me ferait très plaisir de pouvoir vous aider! Et en plus, vous n'avez pas à payer. C'est gratuit pour vous! (Je perçus un accent italien dans sa déclaration et devinai tout de suite qu'il n'était pas de la région...)
-Euh...ça ira. J'ai un peu mal mais je tiens à y aller seule. Je vous remercie, répliquai-je d'un ton mal assuré. Et merci mille fois pour votre générosité!

J'empoignai la poignée en feignant un sourire chaleureux et vis l'expression de terreur sur son visage lorsque son regard se posa sur mes jambes...

-Ce n'est rien, dis-je.

Et sur ce, je me dégageai de l'habitacle et me dirigeai vers les portes d'entrée. Aussitôt à l'intérieur, une infirmière - ou une femme quelconque - me sauta dessus:

-Oh, fit-elle en portant les deux mains à ses tempes. Mais c'est horrible!
Et elle hurla:
-Un docteur! Je vous en prie! Cette dame est en danger! En danger de mort je vous dit!

Ouh là! Elle en mettait un peu je crois... Danger de mort! Je suis quand même pas dans le coma!
Je lui offris donc un regard peu amène et attendis la venue du médecin qui se précipitait déjà sur moi depuis le fond du couloir...
Il passa son bras autour de mes épaules et remarqua mon regard un peu confus et perdu et me conduisit dans un genre de cubicule trop éclairée où se trouvaient deux chaises rembourrées, un bureau long en acajou teindu sur lequel trônaient des dizaines de dossiers épais comme deux dictionnaires. Il y avait aussi une grande bibliothèque de métal appuyée au mur du fond derrière le bureau. Plusieurs livres y étaient exposés. J'y aperçu de magnifiques ouvrages anciens et d'énormes manuels de médecine...
Les couleurs de cette pièce étaient enveloppantes et rassurantes: brun chocolat et turquoise. C'était vraiment décoré avec goût mais le médecin m'arracha à ma contemplation (à mon plus grand regret).

-Assoyez-vous sur la civière je vous prie!
Je décelai dans sa voix, une pointe de peur et d'affolement.

Je ne l'avais même pas remarquée cette civière. Pourtant, à la grosseur qu'elle a, j'aurais dû l'apercevoir bien avant...

-Je crains que tout ça ne s'infecte alors je vous demanderais de ne pas bouger et de me laisser désinfecter les plaies et retirer ces morceaux de...
-...verre, complétai-je.

Il ouvrit grand les yeux.

-Puis-je savoir ce qui s'est passé?
-Je ne vous connais pas...
-Docteur Samuel Poirier, s'empressa-t-il de répondre.
-Parfait. Suffisait de vous nommer...

Je n'avais jamais été aussi peu amène de toute ma vie et décidai donc de masquer la vérité...moi qui ne l'avais jamais fait...


Et alors?
Plus d'action d'ici très peu!
Donnez votre avis.

[Newletter]

# Online seit Donnerstag, 23. April, 2009 um 20:22

Geändert am Sonntag, 26. April, 2009 um 18:49

o4.

o4.
Chapitre 4 - Jamais plus la même...

-Accident.
-Comment, demanda-t-il, peu convaincu.
-J'ai échappé deux coupes de vin et...
-...et vous mentez!

Je baissai les yeux, incapable d'en dire plus.
Je le vis enfiler des gants et sortir une bouteille d'un placard. Mauvais signe. Je m'en mordis la lèvre. J'allais souffrir... J'allais regretter mon imbécilité.

-Tendez-moi votre main s'il-vous plaît...

Je le fis sans résister; ce qui aurait été inutile, mais lorsque je le vis aussi près de mon corps, je ne pus réfréner un mouvement de recul vif.
Il fronça les sourcils et essaya de nouveau d'empoigner mon bras que j'avais automatiquement caché derrière mon dos...

-Ce n'est pas un jeu, m'avertit-il, on devra vous amputer si votre main s'infecte. Ça vous dit?

J'écarquillai les yeux immédiatement et lui tendis ma main malgré la peur de sa proximité. Ma vie ne serait plus la même après cette aventure. Je le voyais maintenant. J'avais peur. Terriblement peur. Peur qu'il me touche. Qu'il ne m'approche...qu'il ne me frappe. C'était animal ce réflexe.
Mais c'était un médecin alors pourquoi s'inquiéter? Mais après tout, j'étais humaine non? Cette frayeur qui me rongeait à l'intérieur était normal. Enfin, j'imagine...

Je grimaçai: il avait déjà retiré tous les bouts de verre - que je croyais bien plus nombreux que cela - et me désinfectait la main avec un produit qui semblait corrosif. Du moins, c'est le sentiment que j'avais en le sentant pénétrer mes blessures. Donc, je me raidis - il le sentit même si c'était infime - et je le vis m'adresser un sourire rassurant et me regarder dans les yeux comme pour me dire que tout irait bien. Qu'il ne fallait que je n'aie ni peur de lui ni de son instrument de torture liquide qui coulait entre mes doigts.
Je remarquai au passage que son regard était d'un vert émeraude profond qui semblait irréel.
Je ne pus m'empêcher de lui rendre son sourire, mais je le fis faiblement, presque tristement...

Après m'avoir bandé la main (ce que je n'avais aucunement remarqué), il entreprit de soigner mes jambes.
Je l'observai faire son travail sans délirer cette fois.
J'en profitai pour le détailler longuement. Soigneusement... Dans la vingtaine sans doute. Assez grand. Musclé selon ce que je peux observer sous sa chemise blanche, mais pas trop, rien d'artificiel. Lèvres pleines, nez aquilin. Cheveux noirs de jais des mèches retombant un peu dans son visage; comme un adolescent! De grandes mains robustes mais tout de même douces et minutieuses malgré tout...
Selon moi, il avait un caractère mignon, rigolo et romantique. Des défauts?

-Voilà. Plus que trois ou quatre morceaux et vous pourrez quitter, déclara-t-il, m'arrachant du coup à mes questions et à ma contemplation.

Il releva la tête - sans doute pour observer ma réaction - mais je ne relevai pas. Ce n'était pas nécessaire.
Je tournai la tête et aperçu un récipient de métal du côté de droit de mon corps, sur la civière, où s'empilaient tous les morceaux de vitre que j'avais dans le corps y'a à peine une heure... C'était effrayant. Ils étaient tous maculés de sang et je ne pus retenir ma grimace de dégoût.

J'entendis un rire.

-Quoi, demandai-je, piquée.
-Vous me faites rire, dit-il en retirant la toute dernière parcelle de verre. Je savais que vous alliez avoir cette réaction en apercevant ces trucs.

Il fit un signe de la tête vers le plat d'acier que je ne cessais de reluquer. Je rougis.

-Je suis nouille... Désolée.
-Ne vous en faites pas: j'ai vu pire!

Il étouffa un petit ricanement et déroula deux nouveaux bandages pour entourer mes jambes.

-Ce massacre devrait cicatriser d'ici trois semaines. J'aimerais bien vous revoir pour évaluer la guérison. Quelle date vous conviendrait, demanda-t-il en retirant ses gants après l'opération qu'il venait d'effectuer sur moi.

Se revoir? Euh...

-Bien... La date où vous serez libre me conviendra.
-Parfait! Dans trois semaines... Jeudi le 7. Ça vous va?

Je hochai la tête et lui souris. Je marmonnai un faible ''Merci.'' et quittai rapidement.

-Au plaisir de vous revoir Mademoiselle...
-...Esmaëlle, lançai-je à la volée sans me retourner; je lui offris cependant un signe de la main.

Lorsque j'eus atteint les portes de sortie, je ne voulais plus quitter l'hôpital. Je mis un pied dehors et me sentis de nouveau traquée. J'étais en sécurité à l'intérieur. Je m'en rendais compte maintenant que j'étais sortie...
Je sentis alors les larmes atteindre mes yeux et ils devinrent humides, mais je les ravalai du mieux que je le pus.

J'essayai de me laisser envahir par la lumière du soleil et par la brise légère dans mes cheveux. Ma jupe - que ma mère m'avait enfilée pendant ma perte de conscience - volait au vent.
Je tournai légèrement la tête et l'aperçus... à l'angle de la rue à gauche de moi.

Manquait plus que ça; je suis damnée.

Elle aperçoit qui?
Quelles sont vos prévisions?
Vous aimez? Action... ^^
Donnez votre avis.

# Online seit Montag, 27. April, 2009 um 20:13